
Quelques mots sur le soutien, au sujet de quelques colles sur “les tissus à fonction de soutien”. Au delà de tous les classiques que vous connaissez fort bien, je voudrais revenir sur quelques idées complémentaires sur la notion de soutien en général ; pas uniquement sur cette colle de biologie végétale.
La turgescence des cellules.
C’est bien souvent la première forme de soutien, de squelette. Une herbe privée d’eau se ramollit, se flétrit… C’est à ne pas oublier. C’est insuffisant pour des organismes de grandes tailles, mais ça peut être utile. C’est valable tant pour les animaux que pour les végétaux. Chez les végétaux, la paroi cellulosique apporte une excellente résistance à la traction et donc autorise de fortes pressions de turgescence.
Le soutien par accumulation
C’est typique des tissus cellulosiques comme le collenchyme. La cellulose offre une bonne résistance à la traction, mais pas à l’écrasement. La cellulose est une matière assez souple (on en fait des textiles…), et il est difficile d’en faire des piliers. Mais de grandes quantités de cellulose (ou de quoi que ce soit d’autre) peuvent jouer un rôle de soutien. Ainsi en va-t-il du collenchyme, peu rigide, mais à paroi suffisamment épaisse pour conférer une forme de soutien à des herbacées.
Le soutien par un matériau incompressible.
C’est là la solution des tissus lignifiés et de nombreuses pièces rigides des animaux (coquilles et squelettes).
La lignine est un polymère complexe, avec des liaisons covalentes nombreuses et multiramifiées… c’est donc un solide assez peu déformable. De plus, cette lignine imprègne une matrice cellulosique en en remplissant tous les vides, ce qui forme une structure incompressible.
Le tissu osseux est formé de fibres collagène très organisées, l’ensemble étant imprégné de cristaux d’hydroxyapatite (phosphate de calcium) et de carbonate de calcium. Cette imprégnation donne de l’incompressibilité à l’os qui, sans cela, reste assez souple (voir les cas de rachitisme).
La nature calcaire des coquilles des mollusques répond à la même problématique.
Le soutien par une organisation géométrique particulière.
La forme d’un tissu de soutien n’est pas innocente, au contraire. Regardez autour de vous les formes des poutres, des piliers, des poteaux. Les systèmes biologiques optimisent aussi le soutien par le recours à des formes optimales. Le plus typique est le tube. Regardez les pieds de vos tables et de vos chaises au lycée : ce sont des tubes. Cette structure offre une bonne rigidité. Avec la même quantité d’acier, on pourrait faire une tige très fine d’acier plein, mais ça ne ferait pas un bon pied de chaise. En fabriquant un tube, on obtient une bien meilleure structure. Un chaume de graminée est exactement construit sur ce principe : un tube creux, soutenu en périphérie par un cylindre de sclérenchyme. Le plus bel exemple est le bambou.

Un os long, avec sa cavité médullaire répond aux mêmes exigences, de même que tous les articles des Arthropodes.
Une autre organisation particulière est celle du “tronc” des palmiers. Ces monocotylédones (donc, grossièrement, des herbes) parviennent à s’élever en accumulant des bases foliaires. C’est une autre forme du soutien par accumulation.
Enfin, l’importance de la structure se retrouve dans ce qu’on nomme “bois de réaction”. Les troncs ne sont pas toujours verticaux, et de nombreuses branches sont obliques ! La symétrie cylindrique classique d’un tronc n’est alors peut-être pas adaptée, si l’on songe que les forces subies n’ont pas cette symétrie. Une “bascule” lors de la vie d’un arbre et ses conséquences sur l’organisation du bois permet de le démontrer : les cernes sont plus épais d’un côté que de l’autre. A noter également que les Angiospermes ne réagissent pas comme les Coniférophytes. Bois de tension chez les Angiospermes, bois de compression chez les Coniférophytes.
