Rage de dents, bouillie de lèvres, canal sodium et cauchemar

Et bin voilà, c’est malin, vous avez mal aux dents. Très  mal aux dents. Et le dentiste doit intervenir et vous avez les jetons que ça vous fasse maaaaaaaaaaal.

Mais heureusement, vous vivez dans un monde moderne et l’homme (ou la femme) de l’art vous injecte un petit machin miracle et hop ! Vous ne sentez plus RIEN. Rien de rien. Que s’est-il passé ?

On vous a simplement injecté de la LIDOCAÏNE ou une molécule du même genre ; le must en terme d’anesthésie très localisée. Ce machin vous supprime toute sensibilité. Et, bien que la diffusion soit un phénomène, disons… pas terrible, ce bidule vous a même anesthésié toute la région à un ou deux centimètres autour de la dent.

Cette lidocaïne est en fait une molécule qui se fixe (voir la figure) sur les canaux sodium sensibles à la tension, et qui empêche leur fonctionnement. En présence de lidocaïne, toute transmission nerveuse est impossible : les potentiels d’action ne se propagent pas ; ils ne naissent même pas ; pas de potentiel d’action.

Le souci, c’est que même votre lèvre peut être anesthésiée ! Totalement ! Auquel cas vous êtes bien enquiquiné pour manger. Et si vous mangez un morceau de viande, vous ne faites absolument pas la différence entre votre lèvre et le morceau de viande. Et vous risquez de mordre très très violemment votre lèvre, croyant croquer un morceau de viande. Cela m’est arrivé il y a quelques années et c’est totalement indolore… pendant quelques heures. Après quoi vous avez une lèvre énorme et bleue et douloureuse pendant une semaine.

Et ça vient d’arriver à la compagne de mes jours ! Et maintenant elle est toute moche avec une énorme lèvre bleue ! Alors je fais des cauchemars.

La vie est injuste.

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2 Commentaires

  1. StromathoLIthe

     /  6 décembre 2011

    Nous compatissons mais bon les schtroumpfs sont tous bleus et pas si cauchemardesques !
    PS: quand on est blessé à 2 endroits pourquoi on ne ressent la douleur surtout que là où ça fait le plus mal ? C’est une histoire de potentiel d’action ou/et de chimie ?

    Répondre
    • Ah, non, pas du tout. C’est une histoire plus compliquée qui fait intervenir tout un tas de mécanismes de contournement de la douleur ainsi que des facteurs psychologiques. La douleur est un domaine très complexe.
      Exemple : si vous vous faites une blessure très douloureuse, effleurer la plaie ou les abords de la plaie vous semblera très douloureux dans certains cas. Dans d’autres cas, effleurer la même plaie pourra soulager. Vous avez connu ça avec vos bobos lorsque vous étiez petits : un ‘ros bobo qui fait krès krès mal… votre maman fait une caresse sur le bobo : a pu mal !

      Répondre

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