La dissémination des êtres vivants

Pissenlit

 

Vous avez été nombreux à vous (me) poser des questions sur la dissémination ; ou plutôt sur l’éventualité d’un sujet sur la dissémination. Bonne question, beau sujet… pourquoi pas ! Ça vaut le coup d’y réfléchir.

Une première remarque cependant : je ne crois pas trop à un sujet qui s’intitulerait «La dissémination». C’est un peu sec ; un peu difficile, aussi. En revanche, un sujet du type «Reproduction sexuée et dissémination» ou «Reproduction et dissémination», c’est autre chose. Beau sujet tout à fait imaginable, et parfaitement faisable.

Quelques éléments de définition d’abord.

Ces définitions ne sont pas forcément partagées par tous. Il est donc impératif que vous annonciez dans vos introductions les définitions qui gouvernent votre exposé.

Dissémination :

Moyen par lequel une espèce parvient à modifier sa répartition géographique. La dissémination pourra ainsi faire migrer une population mais surtout faire s’installer de nouvelles colonies de la population, voire augmenter l’extension géographique de la population.

Dispersion :

Moyen par lequel une collection d’objets est éparpillée dans l’espace. Ainsi, la dissémination d’une espèce pourra se faire grâce à la dispersion de graines, de boutures, de marcottes… Mais la dispersion d’un objet biologique (des spermatozoïdes de Mammifère, par exemple, ou bien des grains de pollen) ne représente pas forcément un moyen de dissémination de l’espèce. Tout MOUVEMENT n’est pas forcément de la dissémination.

 La dissémination permet donc de : 

– augmenter la répartition géographique

– adapter la répartition géographique d’une espèce à des conditions changeantes.

– coloniser de nouveaux espaces : par exemple colonisation d’une île volcanique vierge, ou colonisation d’un espace récemment incendié…

– contribuer à la compétition interspécifique : les espèces invasives sont des «championnes locales» de la dissémination.

 La dissémination se fait au moyen de :

– migration individuelle des individus (animaux «migrateurs»)

– larves ou jeunes «mobiles» dans le cas d’espèces fixées : larves planula des coraux ; larves mobiles des huîtres… etc…

– des graines ou des fruits : C’EST UN GROS ASPECT DU SUJET : les samares, les aigrettes, les crochets, les fruits charnus, les projections de graines, etc…

– des spores : spores des champignons, spores des fougères.

– des organes végétatifs spécialisés : boutures, marcottes, etc… Les gemmules des Spongilles.

La dissémination est souvent associée à des phénomènes de multiplication (mais pas toujours…).

Certaines dispersions ne font pas de dissémination.

En effet, pour qu’il y ait dissémination, il faut produire (au moins) un nouvel individu qui s’installe «ailleurs» qui parte vivre «loin» de ses parents. Sinon il n’y a pas de dissémination.

Lorsque des spermatozoïdes nagent dans un vagin, un utérus, des trompes de Fallope, ils voyagent ! C’est indéniable ! Mais ce n’est en aucune manière de la dissémination. Les spermatozoïdes ne transportent aucun nouvel individu. Certes, il peut résulter de ce «voyage» un nouvel individu. Mais ce nouvel individu est dans le ventre de sa mère ! Il n’est en aucune manière parti «ailleurs». Donc, le spermatozoïde illustre bien la notion de mouvement, mais pas du tout la notion de dissémination.

De même le grain de pollen. Ce grain de pollen effectue bien un voyage parfois très long : c’est donc bien du mouvement, c’est donc bien de la dispersion de pollen. Mais une fois qu’il est «arrivé», cela fera peut-être une double fécondation et ensuite une (plusieurs) graine(s) contenue(s) dans un fruit. Et ce fruit est sur la plante mère : il n’y a pas la moindre dissémination. ENSUITE, ensuite seulement, si le fruit voyage, si la graine voyage, alors il y aura bien dissémination.

Quelques petits cas peuvent être discutés :

Chez un Oursin, ou un corail, ou un poisson, les gamètes sont libérés dans l’eau et migrent dans l’eau. Et évidemment, non, non, non, le voyage des spermato, ce n’est pas de la dissémination et, non, non, non, la dérive de ce gros patapouf d’ovule n’est pas de la dissémination… certes, mais une fois réalisée la fécondation, on a bien un nouvel individu ! Et qui se trouve bien «ailleurs» par rapport à ses parents : il y a eu dissémination ! Ok, ok, dans ce cas là, on peut dire dissémination  ! Mais précisez bien que cette dissémination est due aux effets conjugués, à l’action conjointe du déplacement des spermatozoïdes et de la dérive de l’ovule.

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